Julien Alins

Si Julien Alins tord un peu le cou au champ de l’art concret ce n’est aucunement un geste gratuit. Son travail pose et superpose de l’oblique, une ligne de fuite à ce que le sérieux d’une pratique qui, se voulant trop minimaliste a parfois d’ennuyeux. Si tout semble parfaitement calculé dans la juxtaposition de ces bandes colorées, qui pourraient se multiplier à l’infini, il n’en est rien. Il y a aussi quelque chose de l’ordre du jeu, voire du «je» dans sa pratique. Ses outils, des cadres de sérigraphie, des rubans de scotch, des superpositions d’encres, provoquent des hasards qui sont, dès que repérés, alors répétés. Se manifeste ainsi une heureuse reproduction hasardeuse. Le geste est parfois, et même bien souvent, punk, délibéré, libre, libéré. La rythmique brutale comme celle d’une caisse claire blasphémant au fond d’un garage. Aussi, ces obliques, si on y prête attention, résonnent comme un échos aux objets de signalisation qui nous ordonnent, nous contraignent, nous avertissent. Ainsi, le décalage, au sens propre comme figuré, hypnotique, devient ludique et révolté !!!